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Le guide étape par étape pour déposer une marque en ligne

admin septembre 18, 2026 11 minutes lues
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Ce qui était autrefois réservé aux grandes entreprises bénéficiant d’un service juridique dédié est désormais accessible à tous : il est possible de protéger son identité commerciale, même pour les petits acteurs comme les artisans ou les créateurs, et ce depuis chez soi et en ligne (si vous êtes en France). Un nouveau vent numérique souffle sur la manière dont les créateurs et entrepreneurs défendent leurs idées contre la concurrence ! 

Appréhender les spécificités de la marque et ses conditions de validité

Avant de commencer quoi que ce soit, il est indispensable de comprendre ce qu’est une marque et quelles sont les conditions qui lui permettent d’être valable.

En France,  une marque correspond à un signe distinctif capable de désigner des produits ou services afin de permettre leur identification et leur distinction de ceux d’autrui. Une marque peut se présenter sous différentes formes : nom, logo, slogan, son, forme, couleur, position d’un signe sur un produit, motif, mouvements ou encore élément multimédia. Sa finalité est uniquement de distinguer l’origine des produits ou services concernés.

Pour être enregistrée (des termes juridiques que nous allons définir dans un prochain article), votre marque doit répondre à plusieurs conditions de validité : elle doit être distinctive (capable d’identifier l’origine du produit ou service proposé), disponible (c’est-à-dire pas identique ou trop proche d’une marque déjà enregistrée), non descriptive/générique par rapport à ce que vous proposez et licite (respectueuse de l’ordre public et des bonnes mœurs). La licéité est donc une condition sine qua non.

Par ailleurs, dans certains cas le caractère distinctif peut se prouver par un usage antérieur ; c’est notamment le cas pour les marques descriptives.

A noter la différence avec le brevet : une marque protège un signe distinctif là où le brevet protège une invention technique pour 20 ans.

Enfin, certaines restrictions peuvent entraîner le refus d’accorder une marque : la marque ne doit pas être trompeuse ni porter atteinte à une appellation d’origine protégée ou à toute dénomination sociale existante. Il existe également des marques notoires qui bénéficient d’une protection même en l’absence d’enregistrement en raison de leur importance notoire. Il est donc important avant toute démarche de vous renseigner sur le contexte juridique afin ne pas avoir de mauvaises surprises.

À noter néanmoins, qu’une marque ne doit pas rester inactive après son dépôt. Si vous ne l’utilisez pas pendant cinq ans, un tiers peut demander sa déchéance. Cette notion d’exploitation effective est à prendre en compte dans la stratégie de protection de votre marque.

Déterminer le type de marque et la portée de sa protection

Il s’agit d’un choix stratégique : vous pouvez déposer une marque verbale (mot ou ensemble de mots), figurative (logo, dessin), sonore, de couleur, de forme, de position, de motif, de mouvement, multimédia, mais aussi des marques semi-figuratives (mêlant texte et image), collectives ou de garantie.

Selon l’activité de votre société, il peut être judicieux de protéger à la fois le nom et le logotype pour sécuriser toute votre identité visuelle.

À noter : les marques collectives et de garantie nécessitent la mise en place de règlements d’usage propres.

La portée de la protection est tout autant déterminante. Souhaitez-vous protéger votre marque sur le sol français uniquement ou envisagez-vous un développement à l’international  ? Un dépôt effectué auprès de l’INPI vous protège sur le territoire français. Pour une protection au sein du territoire de l’Union européenne il conviendra alors de passer par l’EUIPO (comptez à partir de 850 €) pour obtenir une protection sur l’ensemble des pays membres. Si vous souhaitez bénéficier d’une protection au niveau mondial, il faudra alors envisager la procédure de dépôt international via le système de Madrid auprès de l’OMPI dont les coûts sont variables selon l’étendue choisie. Sachez enfin que vous disposez d’un droit de priorité en faveur du premier dépôt durant une période de six mois pour étendre ce dernier à d’autres territoires.

La détermination des produits et services à protéger doit également être faite avec soin. La protection sera limitée aux éléments déclarés lors du dépôt ; une protection trop restreinte peut nuire à votre développement futur alors qu’une protection trop large génère des coûts inutiles et peut aboutir à une opposition d’autres titulaires pouvant faire valoir des droits antérieurs sur cette même marque. Sachez enfin qu’il est possible dans certains cas (marques non enregistrées notamment) de déposer une marque identique pour des produits ou services différents, sauf pour les marques notoires qui bénéficient d’une large protection.

Les étapes à suivre pour préparer le dépôt : classification, recherche d’antériorité et constitution du dossier

Le dépôt de marque se prépare avec méthode, via une série d’étapes indispensables qui assurent la solidité et la recevabilité de votre demande.

Avant de déposer votre marque, il convient en effet de déterminer précisément ce que vous souhaitez protéger et de vérifier que toutes les conditions administratives et juridiques sont remplies.

Voici les principales actions à mener :

  • Choisissez les classes en fonction de la classification de Nice : Décidez parmi les 45 classes celles qui vous concernent, non seulement en tant qu’entreprise aujourd’hui, mais également dans l’optique d’une croissance future de votre société. Vous bénéficierez ainsi d’une protection plus large.
  • Effectuez une recherche d’antériorité approfondie : Il est important de consulter plusieurs bases de données (nationale, européenne, internationale) afin de repérer toute marque identique ou similaire qui pourrait faire obstacle à votre dépôt et entraîner un refus ou un litige. Cette étape préliminaire comprend également l’étude des marques proches sur le plan phonétique, visuel et conceptuel.
  • Consultez les états des inscriptions : Demandez à l’INPI quels sont les signes actuellement déposés dans les classes que vous souhaitez revendiquer pour éviter toute confusion.
  • Déterminez avec précision le signe que vous souhaitez protéger : Indiquez le type de marque (verbale, figurative, sonore, tridimensionnelle, etc.) et joignez une représentation graphique ou sonore du signe consacré par le règlement d’exécution du 23 mars 2016.
  • Dressez le dossier administratif : Rassemblez toutes les pièces nécessaires (identité du déposant, statuts de la société, attestation d’usage antérieur ou projet d’utilisation future…) et assurez-vous qu’elles répondent aux critères demandés.
  • Vérifiez minutieusement vos informations : Vérifiez que toutes les informations sont exactes et complètes pour réduire le risque de rejet formel par l’office des marques.
  • Pensez à vous faire accompagner par un professionnel compétent : Le recours à un conseil en propriété industrielle ou à un avocat spécialisé dans la matière peut vous permettre d’améliorer la qualité du dépôt, la prise en charge des formalités et l’anticipation des oppositions éventuelles.

En respectant cette organisation méthodique, vous sécuriserez non seulement votre dépôt mais optimiserez également l’étendue de votre protection juridique. Une bonne préparation permettra d’éviter les retards, les risques de contestation et facilitera votre gestion quotidienne sur le marché national et international.

Le dépôt de marque en ligne : comment ça se passe et où suivre sa demande ?

Tout le dépôt de la demande d’enregistrement se fait en ligne, via le portail e-procédures de l’INPI.

Après avoir créé votre compte, vous allez remplir un formulaire en plusieurs étapes  : identification du déposant, reproduction du signe, liste des produits et services concernés… Le site est assez intuitif mais il faut rester concentré à chaque étape, surtout sur le choix des classes et la description du signe. Il est primordial que vous remplissiez correctement votre dossier pour éviter les refus ou les retards dans la procédure.

Une fois que vous avez complété votre dossier, vous allez devoir régler les frais de dépôt  : 190 € pour la première classe de produits ou services, puis 40 € par classe supplémentaire. Vous recevez alors un récépissé de dépôt. Votre demande est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI) dans un délai d’environ six semaines. Ce qui engage une période d’opposition de deux mois où des tiers peuvent contester votre dépôt. L’INPI va ensuite examiner votre dossier, à la fois sur le plan formel et de fond  : si des irrégularités sont détectées dans la demande, l’institut va revenir vers vous pour régulariser votre demande dans un certain délai. Il est aussi possible de demander la division de votre dossier.

Si aucune opposition n’est formulée et qu’aucun refus n’est prononcé par l’institut, vous êtes enregistré comme titulaire de votre marque après environ cinq mois et vous recevez un certificat officiel. Pensez bien à conserver précieusement ce document et à suivre l’avancée de votre procédure depuis votre espace personnel sur le site de l’INPI. Toute la démarche est dématérialisée et il existe des ressources d’aide en ligne pour vous accompagner. N’oubliez pas non plus de renouveler votre marque tous les dix ans pour garder vos droits !

Gérer et défendre sa marque une fois déposée

Après le dépôt, il est impératif de surveiller activement vos droits.

La marque vous confère un monopole d’exploitation de 10 ans, renouvelable à l’infini ainsi qu’un droit exclusif d’agir à l’encontre de la contrefaçon et/ou de la concurrence déloyale (article L712-1 du CPI). Il s’agit en premier lieu de surveiller le marché et les registres afin de détecter les éventuelles utilisations illicites de votre marque ou les dépôts pouvant porter atteinte à votre marque.

Des sociétés privées proposent des outils de veille permettant d’être alerté en cas de dépôt suspect et/ou d’atteinte à votre marque. Nous vous conseillons fortement d’y recourir afin de préserver vos droits.

Ensuite, si vos droits sont atteints, différentes actions sont envisageables : mise en demeure, négociation amiable, opposition à un nouveau dépôt, action judiciaire en contrefaçon. Dans tous les cas, nous vous recommandons vivement de vous faire assister par un professionnel pour maximiser vos chances de succès et défendre efficacement votre marque. Sachez par ailleurs que vous devez faire la preuve d’une utilisation effective et sérieuse de votre marque dans les cinq ans suivant son dépôt sous peine de déchéance.

Par ailleurs, selon les circonstances, différents cas peuvent entraîner le retrait, la renonciation ou la nullité/decheance de votre titre.

Ainsi en cas de fermeture d’entreprise par exemple, vous pourrez soit céder la propriété de votre marque soit la soumettre au régime de la liquidation judiciaire.

Pensez également à bien renouveler votre titre tous les dix ans et à mettre à jour vos coordonnées auprès de l’INPI.

Enfin, si votre activité évolue (nouvelle gamme…etc), n’hésitez pas à élargir l’étendue géographique et/ou classes/domaines dans lesquelles votre marque est protégée afin d’être en adéquation avec le développement de votre société.

En résumé : Le dépôt de marque protège vos actifs incorporels mais permet également leur cession ou la concession sous licence d’exploitation auprès des tiers. A l’inverse le défaut dépôt expose à une exploitation illégale par des tiers voire une perte totale du signe sans possibilité d’agir efficacement en contrefaçon.

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