Un motif d’arrêt de travail correspond à une situation médicale dans laquelle l’état de santé d’un salarié ne lui permet temporairement plus d’exercer son activité professionnelle dans des conditions normales. Il ne revient pas au salarié de choisir ce motif : le professionnel de santé évalue la situation et décide si un arrêt est médicalement justifié, ainsi que sa durée.
Les données disponibles ont sensiblement évolué depuis la première publication de cet article. Le Baromètre Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, portant notamment sur les arrêts survenus en 2025, indique que 32 % des salariés du secteur privé ont connu au moins un arrêt de travail en 2025. Le taux d’absentéisme atteint 4,3 %. Les arrêts de plus de 60 jours ne représentent que 9,4 % des arrêts, mais concentrent 63,8 % des journées d’absence.
Les causes des absences de longue durée ont également changé. En 2025, les troubles psychologiques, parmi lesquels la dépression et l’épuisement professionnel, représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours étudiés par Malakoff Humanis. Ils constituent désormais la première cause de ces arrêts longs.
Les principaux motifs d’arrêts maladie : quels sont-ils ?
Les motifs d’arrêt de travail sont très divers : maladie aiguë, trouble musculosquelettique, accident ou traumatisme, intervention chirurgicale, maladie chronique, trouble psychique ou encore complication nécessitant temporairement une interruption de l’activité professionnelle. La durée n’est pas déterminée uniquement par le nom de la pathologie : elle dépend également de sa gravité, du traitement, de l’état général de la personne et des caractéristiques de son poste.
Les statistiques de 2021 de Malakoff Humanis, utilisées dans la version initiale de cet article, indiquaient que 38 % des salariés interrogés avaient eu au moins un arrêt maladie. Les maladies ordinaires représentaient alors 22 % des arrêts prescrits, les troubles musculosquelettiques 18 %, les accidents ou traumatismes 16 % et les troubles psychologiques 15 %. La durée moyenne des arrêts de plus d’un mois était passée de 94 à 105 jours.
Ces chiffres restent intéressants pour mesurer l’évolution du phénomène, mais ils ne doivent pas être présentés comme des statistiques actuelles. Les données 2026 de Malakoff Humanis reposent notamment sur les déclarations sociales nominatives de 3,8 millions de salariés et sur l’analyse de 321 000 arrêts de plus de 30 jours. Elles mettent aujourd’hui davantage en évidence le poids des arrêts longs et de la santé mentale.
| Motif | Part des arrêts | Durée moyenne |
|---|---|---|
| Maladies ordinaires | 22 % dans le Baromètre Malakoff Humanis 2021 | Non publiée séparément pour ce motif dans cette étude |
| Troubles musculosquelettiques | 18 % dans le Baromètre 2021 | Non publiée séparément pour ce motif |
| Accidents ou traumatismes | 16 % dans le Baromètre 2021 | Non publiée séparément pour ce motif |
| Troubles psychologiques | 15 % de l’ensemble des arrêts dans le Baromètre 2021 ; 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025 | Le Baromètre 2021 indiquait qu’ils étaient en moyenne environ deux fois plus longs que les autres arrêts, sans publier de durée moyenne unique par motif |
Il est donc important de ne pas transformer ces pourcentages en durée théorique pour une personne donnée. Un médecin apprécie chaque situation individuellement et peut recommander une durée différente pour deux patients présentant une pathologie comparable.
Les principaux motifs d’arrêts maladie courts
Dans les anciens baromètres de Malakoff Humanis, les arrêts courts correspondent aux arrêts de un à trois jours. Ils sont fréquemment associés à des maladies ordinaires ou passagères : infections saisonnières, états grippaux, rhumes, angines ou troubles digestifs, par exemple.
La version initiale de cet article indiquait que les trentenaires étaient particulièrement concernés et que 70 % des arrêts courts correspondaient à des états grippaux ou maladies saisonnières. Ces données anciennes ne sont pas reprises comme chiffres actuels, faute de données récentes directement comparables publiées avec la même méthodologie. L’édition 2026 montre surtout que la fréquence et la durée des absences diffèrent fortement selon l’âge, le secteur d’activité et la nature du problème de santé.
Un arrêt de quelques jours n’est d’ailleurs pas nécessairement synonyme de problème bénin. Le critère essentiel reste l’incapacité temporaire à exercer son travail telle qu’elle est appréciée médicalement.
Les principaux motifs d’arrêts maladie longs
Pour un salarié du secteur privé, il est préférable de parler d’arrêt maladie de longue durée plutôt que de « congé de longue maladie », cette dernière expression correspondant notamment à un dispositif propre à la fonction publique. Les études statistiques ne retiennent pas toutes le même seuil : Malakoff Humanis analyse par exemple les arrêts de plus de 30 jours pour leurs motifs, tandis que son étude 2026 distingue également les arrêts de plus de 60 jours pour mesurer leur poids dans l’absentéisme.
Le motif d’arrêt maladie longue durée peut être psychologique, rhumatologique, traumatique, chirurgical ou lié à une maladie chronique ou grave. La situation a nettement évolué depuis les données reprises dans l’article de 2022. En 2025, les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours étudiés par Malakoff Humanis. Ils sont devenus le premier motif d’arrêt long.
Les anciens chiffres de 2021 faisaient davantage ressortir les accidents ou traumatismes, qui représentaient alors 31 % des arrêts longs, devant les troubles psychologiques à 16 %, les opérations chirurgicales à 12 %, les troubles musculosquelettiques et les maladies graves à 10 % chacun. Cette comparaison illustre pourquoi la date d’une statistique est essentielle lorsqu’on étudie les motifs d’arrêt de travail.
Bon à savoir : l’employeur ne reçoit pas le motif médical de l’arrêt. Le volet 3 destiné à l’employeur ne mentionne pas la raison médicale, celle-ci étant couverte par le secret médical.
Les démarches administratives liées à l’arrêt maladie : que faut-il savoir ?
Qui peut prescrire un arrêt de travail et sur quels critères ?
Un arrêt de travail est prescrit à la suite d’une consultation ou d’une téléconsultation lorsqu’un professionnel de santé habilité estime que l’état du patient justifie temporairement une interruption de son activité. Le médecin apprécie notamment les symptômes, leur intensité, l’évolution prévisible de l’état de santé, les traitements nécessaires et les contraintes professionnelles du patient.
Il n’existe donc pas de motif donnant automatiquement droit à une durée déterminée. La prescription doit correspondre à une situation médicale réelle. Le médecin du travail, pour sa part, assure le suivi de la santé au travail mais ne délivre pas d’arrêt maladie.
Depuis le 1er janvier 2024, des règles spécifiques encadrent par ailleurs les arrêts prescrits ou renouvelés en téléconsultation. En principe, leur durée ne peut pas dépasser trois jours lorsque le prescripteur n’est notamment ni le médecin traitant ni la sage-femme référente, sous réserve des exceptions prévues par les textes.
Depuis 2025, l’Assurance Maladie impose également l’utilisation d’un formulaire papier Cerfa sécurisé lorsque l’arrêt n’est pas transmis directement par voie électronique. Cette mesure vise notamment à lutter contre les falsifications.
Demander un prolongement de son arrêt maladie
Pour un prolongement de votre arrêt maladie, vous devez en principe l’obtenir auprès de votre médecin traitant ou de son remplaçant, ou du professionnel ayant prescrit l’arrêt initial, sous réserve des exceptions prévues par l’Assurance Maladie. C’est au professionnel de santé d’estimer, au regard de votre état, si la poursuite de l’arrêt est médicalement nécessaire.
Un prolongement n’est donc pas automatique. Il suppose une nouvelle appréciation de l’incapacité de travailler et de son évolution.
Envoyer son arrêt dans les délais
Lorsque l’avis d’arrêt n’a pas été directement télétransmis à l’Assurance Maladie, les volets destinés à la caisse doivent être envoyés dans les 48 heures. Le volet 3 est transmis à l’employeur. Il ne contient pas les informations médicales expliquant l’arrêt.
Un envoi tardif peut avoir des conséquences sur l’indemnisation, en particulier en cas de retards répétés. Pour connaître le délai de carence applicable, les conditions d’ouverture des droits et le montant actualisé des indemnités journalières, il est préférable de consulter directement les informations publiées par l’Assurance Maladie, ces règles pouvant évoluer.
Être vigilant aux contrôles des arrêts maladie
L’Assurance Maladie peut effectuer un contrôle administratif ou médical. L’employeur peut également demander une contre-visite médicale lorsqu’il verse les indemnités complémentaires dans les conditions prévues par la réglementation.
Lorsqu’un salarié en arrêt maladie fait l’objet d’un contrôle, il doit respecter les prescriptions figurant sur son avis et se soumettre, lorsque les conditions sont réunies, au contrôle médical. Si les sorties sont autorisées avec restriction d’horaires, le salarié doit normalement être présent à son domicile ou à son lieu de repos de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, y compris les jours concernés par l’arrêt, sauf notamment lorsqu’il doit recevoir des soins ou effectuer des examens médicaux.
Le médecin peut également interdire les sorties ou, lorsque l’état du patient le justifie, autoriser des sorties sans restriction d’horaires. Dans cette dernière situation, des obligations particulières existent pour permettre une éventuelle contre-visite de l’employeur : le salarié doit notamment communiquer les horaires auxquels il peut être contrôlé.
Si le salarié séjourne temporairement à une autre adresse pendant son arrêt, il doit veiller à respecter les formalités demandées par sa caisse et à permettre les contrôles applicables à sa situation.
Quelles sanctions en cas de fraude ou de non-respect des règles ?
Les conséquences ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit d’un contrôle de l’Assurance Maladie, d’une contre-visite demandée par l’employeur ou d’une véritable fraude. Il convient donc de distinguer ces situations.
Les conséquences vis-à-vis de l’Assurance Maladie
Si un contrôle établit que les conditions de l’arrêt ou les obligations qui l’accompagnent ne sont pas respectées, le versement des indemnités journalières peut être suspendu. Lorsque des prestations ont été versées à tort, l’Assurance Maladie peut également demander leur remboursement.
En cas de fausse déclaration ou de fraude, une pénalité financière peut être prononcée par la caisse sur le fondement notamment de l’article L114-17-1 du Code de la sécurité sociale. L’Assurance Maladie précise que, dans le cas des faux arrêts, ces pénalités peuvent atteindre plusieurs fois le préjudice financier qu’elle a subi.
Les faits les plus graves peuvent également recevoir une qualification pénale. L’article 313-1 du Code pénal prévoit pour l’escroquerie une peine de base pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Depuis le 27 juin 2026, l’article 313-2 prévoit une circonstance aggravante lorsque l’escroquerie est commise au préjudice d’un organisme de protection sociale afin d’obtenir indûment une prestation, un paiement ou un avantage : les peines encourues peuvent alors atteindre sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende. Il s’agit de maxima légaux, la sanction effectivement prononcée dépendant des faits et de la décision de la juridiction.
Les conséquences vis-à-vis de l’employeur
L’arrêt maladie suspend le contrat de travail, mais certaines obligations contractuelles subsistent, notamment l’obligation de loyauté. Le simple fait d’exercer une activité pendant un arrêt ne constitue pas automatiquement une faute envers l’employeur : la jurisprudence apprécie notamment l’existence d’un préjudice pour l’entreprise. En revanche, l’exercice d’une activité concurrente ou un comportement constituant un manquement suffisamment grave à l’obligation de loyauté peut justifier une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement selon les circonstances.
Lorsque l’employeur verse un complément de salaire, il peut faire pratiquer une contre-visite médicale. Si celle-ci ne peut pas avoir lieu en raison d’un refus du salarié ou d’une absence injustifiée, l’employeur peut interrompre le versement des indemnités complémentaires. Une absence justifiée, par exemple par un rendez-vous médical, doit en revanche être prise en compte.
Un salarié ne peut pas être licencié simplement en raison de son état de santé. L’article L1132-1 du Code du travail interdit les mesures discriminatoires fondées notamment sur l’état de santé, la perte d’autonomie ou le handicap. Cela n’interdit toutefois pas toute rupture du contrat pendant un arrêt lorsqu’elle repose sur un motif juridiquement distinct de la maladie.
Les faux arrêts de travail vendus sur Internet
L’Assurance Maladie a spécifiquement alerté sur la multiplication des faux arrêts de travail vendus sur les réseaux sociaux et certains sites Internet. Selon ses données publiées en 2025, les fraudes aux indemnités journalières détectées avaient fortement progressé en 2024.
Un document acheté en ligne en dehors d’une consultation ou d’une téléconsultation avec un professionnel habilité n’est pas un moyen régulier d’obtenir un arrêt de travail. Son utilisation peut entraîner le remboursement des indemnités reçues à tort, des pénalités financières et, lorsque les éléments constitutifs d’une infraction sont réunis, des poursuites pénales.
L’accompagnement à la reprise du travail : quelques conseils
Commencer une reconversion professionnelle
Dans le cas d’un arrêt maladie longue durée, la période peut conduire le salarié à réfléchir à son avenir professionnel, particulièrement lorsque son état de santé rend difficile le retour au même poste. Il est possible de préparer un projet de reconversion et de préparer sa reconversion professionnelle pendant un arrêt maladie.
Il faut toutefois distinguer la préparation d’un projet professionnel de l’exercice effectif d’une nouvelle activité pendant l’arrêt. Toute formation, activité ou démarche susceptible d’interférer avec les prescriptions médicales ou l’indemnisation doit être examinée au regard des règles de l’Assurance Maladie et de la situation individuelle du salarié.
La reprise peut également être l’occasion de revoir l’organisation professionnelle. Cela peut concerner les horaires, un aménagement du poste ou une modification plus importante des conditions de travail. Pour les salariés soumis à des horaires alternants, la question de le travail en 3×8 peut notamment être prise en compte dans l’évaluation des contraintes du poste. De même, le calcul du temps de travail permet de mieux comprendre l’organisation des horaires lors du retour en entreprise.
Garder pour soi le motif de son arrêt maladie
Légalement, le salarié n’est pas tenu de communiquer son diagnostic ni les raisons médicales détaillées de son arrêt à son employeur, à son manager ou à ses collègues. Le volet 3 remis à l’employeur ne comporte pas le motif médical, conformément au secret médical.
Le salarié peut naturellement choisir de parler de sa santé s’il le souhaite, notamment lorsqu’un échange facilite un aménagement du travail, mais cette divulgation ne constitue pas une condition normale de validité de l’arrêt. Son état de santé ne peut pas, à lui seul, servir de fondement à une mesure discriminatoire.
Demander une visite de pré-reprise
Une visite de pré-reprise peut être organisée pour un salarié dont l’arrêt de travail dure plus de 30 jours. Elle permet d’anticiper les conditions du retour et d’étudier, si nécessaire, des mesures telles qu’un aménagement du poste, une adaptation du temps de travail, un reclassement ou une réorientation professionnelle.
Cette visite peut être demandée par le salarié, son médecin traitant, le médecin-conseil de la Sécurité sociale ou le médecin du travail. Elle intervient avant la fin de l’arrêt et ne doit pas être confondue avec la visite de reprise.
Pour une maladie ou un accident non professionnel, la visite de reprise devient notamment obligatoire après une absence d’au moins 60 jours. D’autres règles s’appliquent après un accident du travail, une maladie professionnelle ou un congé de maternité.
Si votre état de santé ne vous permet plus temporairement de travailler, il convient donc de consulter un professionnel de santé. Celui-ci décide de la nécessité éventuelle d’un arrêt et de sa durée. Le salarié doit ensuite respecter la prescription, les démarches de transmission, les règles relatives aux sorties et les éventuels contrôles. Les conditions d’indemnisation et le délai de carence doivent être vérifiés auprès de l’Assurance Maladie, car ils répondent à des règles distinctes de la justification médicale de l’arrêt.
Questions fréquentes sur les motifs d’arrêt maladie
Quels sont les motifs d’arret de travail les plus frequents ?
Les motifs les plus fréquents comprennent les maladies ordinaires, les troubles musculosquelettiques, les accidents ou traumatismes et les troubles psychologiques. Pour les arrêts de plus de 30 jours, les données 2025 de Malakoff Humanis placent désormais les troubles psychologiques au premier rang, avec 37,8 % des arrêts longs étudiés.
L’employeur connait-il le motif de l’arret maladie ?
Non, l’employeur ne connaît normalement pas le diagnostic médical à l’origine de l’arrêt. Le volet 3 qui lui est destiné ne mentionne pas la raison médicale, laquelle relève du secret médical.
Quel est le delai pour envoyer son arret de travail ?
Le délai est en principe de 48 heures lorsque les documents doivent être transmis par le salarié. Les volets destinés à l’Assurance Maladie doivent être envoyés à la caisse et le volet 3 doit être transmis à l’employeur selon les modalités applicables à la situation.
Peut-on sortir pendant un arret maladie ?
Oui, uniquement si les prescriptions figurant sur l’arrêt l’autorisent. Lorsque les sorties sont autorisées avec restriction d’horaires, la présence au domicile ou au lieu de repos est normalement obligatoire de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf notamment pour des soins ou examens médicaux ; le médecin peut aussi prescrire des sorties sans restriction lorsque l’état de santé le justifie.
Peut-on etre licencie pendant un arret maladie ?
Oui, un licenciement peut intervenir pendant un arrêt dans certaines situations, mais il ne peut pas être fondé simplement sur l’état de santé du salarié. L’article L1132-1 du Code du travail interdit la discrimination liée à l’état de santé, tandis qu’un autre motif juridiquement valable, comme une faute indépendante de la maladie, peut selon les circonstances permettre une rupture du contrat.
Que risque-t-on avec un faux arret de travail ?
Un faux arrêt peut entraîner le remboursement des indemnités journalières perçues à tort et une pénalité financière de l’Assurance Maladie. Les situations frauduleuses les plus graves peuvent également donner lieu à des poursuites pénales, avec des peines aggravées lorsque l’escroquerie vise un organisme de protection sociale.
