La tarification cost plus, appelée en français méthode du prix de revient majoré, consiste à déterminer le coût de revient d’un produit ou d’un service puis à lui ajouter une majoration destinée à rémunérer l’entreprise. Le coût retenu peut comprendre les coûts directs de production, les coûts indirects affectés au produit ainsi que, selon le calcul utilisé, les frais administratifs, commerciaux et autres charges d’exploitation.
La formule de principe est donc : prix de vente = coût de revient + majoration. Contrairement à une tarification fondée sur la demande, le prix des concurrents ou la valeur perçue par le client, le point de départ du calcul est ici le coût supporté par l’entreprise.
Le cost plus est principalement rencontré en B2B, dans certains contrats dont les coûts sont vérifiables et dans les transactions entre sociétés liées. En matière de prix de transfert, l’administration fiscale française reconnaît explicitement la « méthode du prix de revient majoré » : elle consiste à ajouter au coût du bien ou du service une marge bénéficiaire de pleine concurrence déterminée à partir de transactions comparables.
Cost plus et cost plus plus : quelle formule de calcul ?
Avec une majoration exprimée en pourcentage du coût, le calcul est : prix de vente = coût de revient × (1 + taux de majoration). Pour un coût de revient de 80 € et une majoration de 25 %, le prix est donc de 80 × 1,25 = 100 € HT.
Il ne faut pas confondre cette majoration avec une marge exprimée en pourcentage du prix de vente. Dans l’exemple précédent, le bénéfice brut est de 20 € : il représente 25 % du coût de 80 €, mais seulement 20 % du prix de vente de 100 €.
Si l’objectif est au contraire d’obtenir une marge représentant 25 % du prix de vente, la formule devient : prix de vente = coût de revient ÷ (1 – taux de marge). Avec un coût de 80 €, le prix nécessaire est donc 80 ÷ 0,75 = 106,67 € HT.
L’expression cost plus plus n’est pas, en France, une méthode de tarification normalisée distincte du cost plus. Elle peut être employée informellement lorsque plusieurs frais ou rémunérations sont ajoutés au coût de base. Pour éviter toute ambiguïté contractuelle, il faut préciser la base de coûts retenue, les charges incluses ou exclues et le mode de calcul de la rémunération.
Exemple de calcul d’un prix cost plus
| Élément | Montant unitaire |
|---|---|
| Matières premières et main-d’œuvre directe | 60 € |
| Coûts indirects de production affectés | 12 € |
| Frais administratifs et commerciaux affectés | 8 € |
| Coût de revient | 80 € |
| Majoration de 25 % du coût | 20 € |
| Prix de vente cost plus | 100 € HT |
Les avantages d’une tarification Cost plus
Une tarification en prix de revient majoré est relativement simple à mettre en place lorsque l’entreprise connaît précisément ses coûts et dispose d’une méthode stable pour répartir les charges indirectes. Le même taux de majoration peut notamment être appliqué à une famille de produits présentant une structure de coûts comparable. Dans le commerce électronique, le pourcentage de majoration peut ainsi être modifié pour une catégorie entière de références.
Le cost plus permet également de fixer un prix couvrant le coût de revient et dégageant une marge positive tant que les coûts ont été correctement calculés. La méthode est facilement explicable à un acheteur : le contrat peut déterminer les coûts admissibles, la période de référence et la majoration applicable.
Cette logique est particulièrement adaptée à certaines relations B2B :
- Prix de transfert entre entreprises liées : le BOFiP prévoit la méthode du prix de revient majoré et indique qu’elle est notamment adaptée aux prestataires de services et aux sous-traitants exerçant des fonctions et assumant des risques limités, ainsi qu’à certaines ventes de produits semi-finis entre entreprises liées.
- Sous-traitance industrielle : une rémunération calculée à partir des coûts peut être utilisée lorsque le donneur d’ordre et le sous-traitant ont convenu d’une comptabilité des coûts suffisamment détaillée, notamment lorsque le périmètre ou le volume définitif des prestations est difficile à fixer à l’avance.
- Certains marchés publics : le cost plus n’est pas la règle générale de la commande publique française. Le Code de la commande publique autorise toutefois des marchés à prix provisoires dans des cas précis, notamment pour certaines prestations complexes, innovantes ou soumises à d’importants aléas techniques. Les clauses doivent alors prévoir les règles comptables applicables et les possibilités de vérification du coût de revient par l’acheteur, conformément aux articles R. 2112-15 à R. 2112-18 du Code de la commande publique.
Les désavantages du cost plus
La principale difficulté est la détermination du coût de revient. Les matières premières ou la main-d’œuvre directement affectée à une production sont généralement identifiables ; l’affectation du loyer, des fonctions administratives, de l’informatique ou des frais commerciaux nécessite en revanche des clés de répartition. Deux entreprises utilisant des conventions différentes peuvent donc obtenir des coûts unitaires différents pour une prestation identique.
Cette difficulté ne rend pas le cost plus incompatible avec les normes comptables : le problème tient plutôt à la différence entre les coûts établis pour la comptabilité financière, les coûts utilisés en contrôle de gestion et la base contractuelle retenue pour calculer le prix.
La méthode ne tient pas directement compte de la concurrence, de la demande ni de la valeur perçue. Un prix calculé uniquement à partir du coût de revient et d’un taux de majoration peut donc être supérieur au prix accepté par le marché ou, inversement, nettement inférieur à ce qu’un client aurait accepté de payer. L’existence de produits de substitution doit ainsi être analysée séparément.
Un autre risque apparaît lorsque la rémunération augmente automatiquement avec les coûts : si un contrat rembourse les dépenses puis applique un pourcentage à celles-ci, la réduction des coûts peut diminuer la rémunération du fournisseur. Les contrats peuvent limiter cet effet au moyen d’un plafond, d’une rémunération forfaitaire ou de mécanismes d’intéressement à la maîtrise des coûts.
Cost plus et autres méthodes de fixation du prix
| Méthode | Principe |
|---|---|
| Cost plus | Le coût de revient constitue la base du prix, auquel une majoration est ajoutée. |
| Prix fondé sur la valeur perçue | Le prix dépend principalement de la valeur que le client attribue au produit ou au résultat obtenu, et non de son coût de fabrication. |
| Prix fondé sur la concurrence | L’entreprise positionne son tarif au-dessus, au niveau ou en dessous des prix observés chez ses concurrents. |
| La politique d’écrémage | Un produit est lancé à un prix initial élevé afin de capter les clients les moins sensibles au prix, avant des diminutions ultérieures. |
| Prix de pénétration | Le lancement s’effectue à un prix bas afin de favoriser rapidement les ventes ou la prise de parts de marché. |
Ces méthodes peuvent être combinées. Une entreprise peut par exemple utiliser le cost plus pour déterminer un prix plancher, vérifier ensuite son positionnement par rapport aux concurrents et ajuster le tarif final. Elle peut également appliquer une logique de prix magique au montant obtenu, par exemple en préférant une terminaison commerciale particulière au prix issu exactement du calcul.
Exemple : la tarification Cost Plus dans la téléphonie
La téléphonie mobile française fournit un exemple historique de tarification de gros faisant intervenir le cost plus, mais il serait inexact d’affirmer que tous les opérateurs de réseau appliquent systématiquement cette méthode aux opérateurs mobiles virtuels.
Les MVNO achètent auprès d’opérateurs disposant de leur propre réseau, tels qu’Orange, SFR ou Bouygues Telecom, les prestations nécessaires à leurs offres de téléphonie, de SMS et de données. Les modalités et les prix de ces prestations de gros sont définis dans les accords d’hébergement et peuvent relever de modèles tarifaires différents.
L’Autorité de la concurrence a notamment documenté en 2008 l’évolution des contrats d’hébergement des MVNO. Son analyse faisait état d’un contrat conclu entre Bouygues Telecom et Noos fin 2007 comportant un tarif de type cost plus. À la même période, d’autres contrats de gros utilisaient des prix négociés faisant référence aux tarifs de détail des opérateurs hôtes. Cet exemple montre donc une utilisation réelle du cost plus dans la téléphonie, mais pas une règle générale applicable à l’ensemble des accords entre opérateurs.
Questions fréquentes sur le cost plus
Qu’est-ce que la methode cost plus ?
La méthode cost plus fixe le prix à partir du coût du produit ou du service auquel est ajoutée une majoration. En France, elle est notamment désignée sous le nom de méthode du prix de revient majoré.
Comment calculer un prix en cost plus ?
Avec une majoration calculée sur le coût, il faut multiplier le coût de revient par 1 plus le taux de majoration. Un produit coûtant 80 € avec une majoration de 25 % est ainsi vendu 100 €. Si l’objectif est une marge de 25 % calculée sur le prix de vente, le calcul est différent : 80 ÷ 0,75 donne un prix de 106,67 €.
Quelles sont les limites du cost plus ?
Le cost plus dépend de la qualité du calcul du coût de revient et des règles utilisées pour affecter les charges indirectes. Il ne prend pas directement en compte la disposition du client à payer, le niveau des prix concurrents ni la valeur perçue du produit. Dans les contrats où la rémunération est proportionnelle aux coûts, il peut également réduire l’incitation du fournisseur à diminuer ses dépenses.
